nov 27
 

Cadrage et Esthétique 

La règle des tiers 

Une bonne composition est l’un des points clés d’une photo réussie ! C’est elle qui donne toute la vie à l’image et c’est un point essentiel à avoir toujours en tête au moment d’appuyer sur le déclencheur ! Nous verrons dans cet article qu’il existe une règle assez simple qui permet de faire toute la différence, c’est la règle des tiers.
Qu’est ce que la règle des tiers ?
La règle des tiers est issue du nombre d’or beaucoup utilisé en peinture depuis des siècles. Concrètement on peut diviser horizontalement et verticalement une image en trois parties égales et on obtient ainsi des lignes de forces ainsi que des points forts aux intersections de ces lignes.

Les 4 points forts d’une image

 

Mettre les yeux au niveau d’un point fort.

Ligne de fuites.
Ici on donne plus d’importance au ciel.

 

Pour prendre une photo intéressante, il est important de réfléchir à sa composition.

Certains photographes occasionnels centrent leur sujet, puis font la mise au point dessus, et déclenchent.
C’est une erreur, car la première chose que l’oeil accroche sur une photo ce n’est justement pas son milieu. Centrer le sujet dans une image déroute le spectateur qui ne sait pas où regarder… Pour diriger le regard, il convient de découper le paysage en trois parties horizontales et trois parties verticales. Les 4 points d’intersection des lignes sont les points forts de l’image. Comme ils attirent automatiquement l’œil, on aura tout intérêt à placer le sujet principal de la photo sur l’un d’eux. Si l’élément principal est situé au centre, le cliché sera plat et sans vie. A éviter, par conséquent, sauf si vous recherchez un effet particulier (symétrie, par exemple).

Sur le papier tout est simple, mais sur le terrain, ça se complique. Si vous êtes débutant, ou si vous avez un appareil avec une zone pondérée au centre de la photo, vous serez tenté de faire le point au centre de la composition. Il en résultera une photo quelconque avec un sujet bien net au milieu, ou encore un sujet décentré mais complètement flou, parce que le point n’aura pas été fait sur lui.
 

Lecture d’une image

Des tests scientifiques ont démontré que tous les individus d’une même culture ont le même cheminement visuel. L’œil a un champ de vision nette très étroit, il va donc balayer la surface d’une image d’un mouvement continu extrêmement rapide (ce qui donne l’impression de percevoir l’image nette dans sa totalité).
On appelle ce balayage, la lecture en Z.

Dans l’absolu, appliquer la règle classique des tiers

La photographie a repris à son compte les canons de la composition picturale. Principe de base : la règle des tiers sur laquelle repose la construction de bien des toiles de maître. Il s’agit de projeter sur la scène une grille imaginaire qui découperait le cadre en trois parties égales, horizontalement et verticalement. Sauf volonté marquée de contrarier la règle, par exemple pour jouer d’une symétrie : on placera son sujet sur l’un de ces axes forts, idéalement, à l’un de leur points d’intersection.
Ainsi, contrairement à l’idée partagée par beaucoup, et au réflexe compréhensible de laisser son sujet là où l’on a fait la mise au point, au beau milieu du viseur, il convient de déporter le centre d’intérêt de la scène sur le côté. A priori, côté gauche car c’est là que notre cerveau façonné par la lecture de gauche à droite, viendra le chercher.

Il ne rimerait à rien de composer systématiquement ses photos de cette façon, d’autant que c’est souvent en prenant le contre-pied de la règle que l’on touche au génie… Néanmoins, lorsque l’on ne sait trop comment appréhender une scène, il est bon de se souvenir de la règle des tiers. C’est ce que nous avons tenté de faire, en recadrant la photo ci-dessus. Au demeurant, l’image n’était pas désagréable, mais loin de mettre la coccinelle en valeur, le cadrage plein centre provoquait une forte impression de vide. Un point rouge au milieu d’un cadre vert. En recadrant l’image, nous avons tâché de renforcer la présence de la coccinelle, en la plaçant dans le coin inférieur gauche de l’image, précisément à l’intersection des axes imaginaires. Dans la partie supérieure de l’image, des tiges se détachent ainsi du fouillis végétal et font office de contrepoint à l’insecte pour équilibrer la scène.

Laisser du champ aux sujets en mouvement

La moto est nette, le cadrage honnête et un léger filé vient suggérer la vitesse, bref, on se gardera bien de reprocher quoi que ce soit à cette photo réussie. Il ne s’agit pas tant d’en corriger un éventuel défaut que de sentir à quel point le cadrage peut influer sur notre perception de la scène. Placez la roue avant de la moto contre le bord droit du cadre, et le véhicule apparaît à l’étroit ou figé en bout de course. Excentrez-là sur la gauche comme nous l’avons fait, et le bolide déboule à toute berzingue, notre regard anticipant sa course.

D’une façon générale, qu’il s’agisse d’êtres vivants ou de machines, il convient d’accompagner le mouvement des sujets mobiles. En clair, si l’on veut "voir" un sujet bouger, il faut lui en laisser la place. Pensez-y dès la prise de vue, car en la matière le recadrage n’est pas toujours possible. Idéalement, placez d’entrée de jeu le sujet en mouvement du côté opposé à celui de son déplacement. Si vous disposez d’un appareil haute résolution, 6, 7, 8 Mpixels ou plus, centrez-le prudemment, vous aurez tout loisir de recadrer par la suite.

Accompagner le regard de son sujet

De la même façon que le photographe doit suggérer le mouvement, il doit accompagner le regard des personnages, tout bêtement en laissant du champ dans cette direction : autrement dit, en plaçant le sujet du côté opposé à la direction de son regard.

Quand l’homme ou l’animal, de face, regarde fixement l’objectif, cela n’interfère pas outre mesure avec la composition de la scène. En revanche, s’il a les yeux rivés dans une autre direction, a fortiori sur quelque chose qui ne figure pas sur la photo, son regard constitue un axe fort qui doit être prix en compte sous peine de déséquilibrer la composition. L’idée est de s’appuyer sur le regard pour structurer l’image, et non de lui sacrifier tout le reste.

Sur la photo ci-dessus, au demeurant fort plaisante, le regard du félin à l’affût attire notre attention sur la gauche du cadre. L’animal étant centré, toute la partie droite de la photo est pour ainsi dire superflue. Et les fleurs qui théoriquement devraient servir de cadre naturel au sujet se révèlent une nuisance, exclues de la composition, mais trop vives pour qu’on les ignore complètement. Le recadrage que nous proposons ci-dessus vise à structurer l’image autour de ce regard en diagonale, et non plus autour du chat. Nous avons également essayé de tirer partie des fleurs pour cadrer plus discrètement l’animal d’un liseré rouge.

Eliminer les grands aplats de couleur

 

De même que l’on a tendance à placer ce qui fait l’intérêt d’une photo en son centre, on fixe instinctivement la ligne d’horizon au beau milieu du cadre. Dans l’absolu, le résultat est plus heureux lorsque l’on applique la règle des tiers c’est à dire que l’on cantonne le ciel au tiers supérieur de l’image, ou qu’on lui en cède les deux tiers, selon l’effet recherché.

Dans le cas présent, la faiblesse de la composition ne tient pas tant à une question de proportions qu’au peu d’intérêt de ce ciel totalement dépourvu de "matière". Typiquement, en l’absence de nuages ou d’un bleu si profond qu’il "remplit" le vide, on gagnera à élever la ligne d’horizon. C’est vrai d’un ciel blanc hivernal, ça l’est tout autant de ce bleu sans la moindre nuance. Vu le caractère champêtre de la scène, il nous semble plus judicieux de mettre le sol à l’honneur, renforçant par la même occasion le rôle structurant des sillons et le statut de "sujet" de la moissonneuse.

Si le ciel est le seul centre d’intérêt, "baisser" l’horizon

Vu leur position centrale, on comprend bien sur la photo ci-dessus que le photographe a voulu mettre l’embarcadère et ce qui semble être des transats à l’honneur. Mal placé et contre-jour oblige, mal exposé, le sujet qui se voulait central est totalement écrasé par le ciel qui, lui, ne manque pas d’intérêt.
C’est sûr, un ciel aussi moutonneux et contrasté soit-il, suffit rarement à faire une image originale, mais quitte à donner dans le déjà vu, dans le cas présent il nous semble judicieux d’abaisser la ligne d’horizon, au-delà même du tiers inférieur du cadre. Ainsi au moins, on obtiendra une image plaisante.

Dans l’absolu, plutôt que de mettre la ligne d’horizon au centre du cadre, si le ciel fait la beauté ou l’expressivité de la scène, autant abaisser la ligne d’horizon. C’est particulièrement vrai par gros temps, quand des nuages noirs sont déchirés par les éclairs, ça l’est tout autant pour immortaliser un coucher de soleil sur la mer. Cela étant dit, dites-vous bien qu’en tant que tel, un ciel est un sujet un peu faible qui suffit rarement à asseoir une composition. Pour y parvenir, on aura besoin de s’appuyer sur les éléments qui pourraient se détacher sur la ligne d’horizon, typiquement des monticules rocheux en Arizona ou des cyprès en Toscane.

Assumer le vide… ou le combler

Quand on prend à coeur d’excentrer son sujet, fatalement, l’un des côtés de l’image peut sembler un peu vide, en particulier dans un cadre dégagé et brumeux comme c’est le cas ci-dessus. Dans ce type de contexte, deux solutions s’offrent à vous : assumer le vide, par exemple pour exprimer la solitude, ou vous débrouiller d’une façon ou d’une autre pour insérer un sujet secondaire dans la scène. Dans la nature, on tournera ainsi autour de son sujet à la recherche d’une quelconque aspérité du paysage. En ville, on attendra patiemment que quelque chose ou quelqu’un veuille bien passer dans le coin vide du cadre…
Sur la photo ci-dessus, prise au milieu de nulle part dans la brume norvégienne, la composition s’imposait d’elle-même, comme souvent lorsqu’un motif récurrent se présente à l’objectif. On a simplement pris la peine de tourner autour du sujet pour que le deuxième arbuste, notre sujet secondaire(entouré de rouge) , apparaisse comme un lointain écho du premier. On aurait tout aussi bien pu prendre le parti inverse. En se décalant un peu plus sur la droite, on l’aurait sorti du cadre, cassant la symétrie, et surtout isolant le sujet dans une atmosphère plus mélancolique encore.

S’appuyer sur les éléments du décor

Nous avons évoqué précédemment avec la photo du chat, la façon dont quelques tâches de couleur disséminées sur une photo peuvent orienter notre regard, renforcer l’importance de son sujet et éventuellement donner de la profondeur à la scène. Qu’il s’agisse d’un feuillage au premier plan d’un lac, d’une fenêtre ou d’une porte ouvrant sur un monument ou encore d’un jeu de miroir, l’idée est la même : s’appuyer sur les éléments marginaux du décor pour composer une scène qui change de la plate carte postale. Attention néanmoins à ne pas abuser de ce type d’effets, pas facile-facile à maîtriser…

Bien inspiré, l’auteur de la photo ci-dessus était de toute évidence conscient de l’intérêt du rétroviseur. Nous avons tenté d’en améliorer l’utilisation, en lieu et place du ciel, sans en faire le sujet de la photo pour autant. Au contraire, ce recadrage tend à renforcer l’opposition avec la voiture au second plan.

Jouer des lignes pour guider le regard

Rien de tel pour structurer une image que de s’appuyer sur les lignes, naturelles ou non, qui la parcourent. Les sillons d’un champ, les arrêtes tranchées ou les courbes régulières d’un monument, les cours d’eau et les routes… toute ligne constitue une véritable aubaine pour le photographe. Bien intégrée à la composition, elle conduit le regard du spectateur.

Sur la photo ci-dessus, la route qui serpente au premier plan nous semblait sous-exploitée. En recadrant à la verticale, nous avons évacué les chemins de traverse qui compliquaient la "lecture" de l’image. Alors qu’on la percevait tout juste, la bâtisse à l’orée des dunes devient le centre de la scène.

Identifier le vrai centre d’intérêt et trancher

Ci-dessus, de sympathiques traînées nuageuses, une arche à la forme et à l’emplacement étonnants, et une vallée que l’on imagine monumentale… Bref, ce jour là dans le désert, les sujets photographiques étaient nombreux. Trop peut-être… Car on ne sait finalement pas trop où regarder.
Face à pareille situation, le photographe se doit de choisir le sujet qu’il veut mettre en avant et renoncer aux éléments périphériques trop envahissants, quitte à leur faire un sort à la prise de vue suivante. Pour simplifier la lecture de l’image, nous avons pris le parti de cadrer serré autour de l’arche. Après recadrage, l’étonnante formation géologique se revêt de mystère. Cela n’engage que nous, mais elle évoque les giboles arquées d’un cowboy prêt à dégainer.
Quoi qu’il en soit, ainsi mis en avant, l’arche parle à notre imagination. Notez par ailleurs que depuis la droite de la scène, l’arche offrait une ouverture intéressante sur la vallée.

Epouser l’orientation du sujet quand cela s’impose

La photo était belle, le thème interessant, mais le sujet avait selon nous besoin d’occuper une part plus importante dans la scène, et bien sûr d’être excentré, l’ombre du personnage et les pousses de riz complétant la composition. Le personnage et son ombre formant en effet un bloc vertical au milieu du vide, l’image ne pouvait bien se structurer que dans un cadre vertical.
De la même façon, à moins d’avoir énormément de recul, ne cherchez pas à intégrer un gratte-ciel, le clocher d’une église ou un cyprés dans une composition horizontale. Vous ne parviendriez qu’à écraser votre sujet, dans une scène où le vide occuperait la part prépondérante.

A RETENIR : les 5 questions à se poser :

Que faire apparaître dans l’image ?
(beaucoup d’éléments : foule)
(peu d’éléments : portrait serré)

Où est le sujet principal ?

Horizontal ou Vertical ?

Quel angle de vue ? Et donc quelle focale ?
(grand angle, téléobjectif)

Composition simple ou complexe ?
(règle des tiers, diagonales)
(points de force, zone de netteté)

 

Remerciement au site www.linternaute.com pour les illustrations, voir lien ci-dessous :
http://www.linternaute.com/photo_numerique/cadrage/index.shtml
http://www.absolut-photo.com/cours/composition/compo_5.php
http://www.publisac.ca/coursphoto/2/
 

 

 
nov 3
 

Connaissez vous le terme "Tutoriel" ?
Il désigne une explication didactique, point par point. Les amateurs d’informatique sont habitués à ces leçons en ligne, sortes de recettes de cuisine pour réaliser une page web, une retouche dans photoshop…
Le site http://www.histoiresdevoir.com/ propose d’apprendre à réussir ses photos de portraits, de voyages, de paysages par des tutoriels prenant pour exemples de grands photographes célèbres. L’idée est originale et très bien réalisée, un bon moyen pour "éduquer son regard".
A voir également des comparaisons stylistiques entre photographes :
Walker Evans et Henri Cartier-Bresson aux USA
Henri Cartier-Bresson et Robert Franck
 

 
nov 3
 

Flou et profondeur de champ

La profondeur de champ (PDC)

La profondeur de champs est l’un de ces mots "magiques" qui font trembler le débutant et se gargariser le photographe chevronné.
Dans les deux cas, on se demande bien pourquoi car c’est une notion plutôt simple si l’on s’en tient aux aspects pratiques.

La profondeur de champ est la zone de netteté devant et derrière le sujet sur lequel est faite la mise au point. Elle dépend de l’ouverture du diaphragme.
La profondeur de champ est la zone de netteté entre le premier plan et l’arrière-plan. Elle désigne la zone de netteté autour de la distance de mise au point, et n’est pas répartie identiquement en avant et en arrière de cette valeur. Elle est fonction de trois paramètres:

  • l’ouverture du diaphragme
  • la longueur focale de l’objectif
  • la distance de mise au point

Plus le diaphragme est fermé (exemple f22), plus la profondeur de champ est importante. A l’inverse, plus le diaphragme est ouvert (exemple f2.8), plus la profondeur de champ est réduite et dans ce cas la mise au point doit être particulièrement soignée.

A diaphragme égal, un objectif grand angle a une profondeur de champ plus importante qu’un objectif de plus longue focale.
• Plus la focale est longue (100, 200 mm), plus la profondeur de champ est faible
• Plus le sujet est proche, plus la profondeur de champ est faible

Enfin, plus le sujet est éloigné, plus la profondeur de champ est importante. A l’inverse, pour une prise de vue rapprochée, la profondeur de champ est réduite voire insuffisante.

L’échelle de profondeur de champ

Les valeurs du diaphragme sont reportées à gauche et à droite d’un repère (de couleur orange dans l’image ci-contre) d’une façon similaire. Les grandes ouvertures sont les plus proches du repère et les plus petites, plus éloignées. Pour une distance affichée en regard du repère, l’on peut lire en regard de deux mêmes marquages de diaphragme de part et d’autre du repère, les distances entre lesquelles la zone de netteté se situe.

Dans l’image ci-contre, la profondeur de champ pour un diaphragme fermé à f/8 et une mise au point sur 1,5m est comprise entre un peu plus de 1m et 3m.

 

Utilisation de la profondeur de champ

La prise de vue rapide est facilitée par une grande profondeur de champ obtenue sur des focales courtes associées à de faibles ouvertures. Le diaphragme et la distance doivent être pré-sélectionnés aux conditions de netteté que l’on désire obtenir entre des distances prédéterminées. Il est judicieux de déterminer d’abord les distances et de choisir le diaphragme qui correspond. Rien n’empêche de choisir un diaphragme plus petit qui augmente encore la zone de netteté. C’est un aspect pratique de l’utilisation de la profondeur de champ pour se passer d’effectuer la mise au point sur des sujets qui se trouvent dans la zone de netteté.
Cette utilisation est simplifiée sur les appareils possédant un système d’exposition avec priorité à l’ouverture.

Il est également possible de caler sa netteté sur l’hyperfocale, c’est à dire sur l’infini. Dans l’exemple ci dessus, l’objectif a une netteté positionnée à 1,5m et si il est ouvert à f16, sa zone effective de netteté s’étendra de 0,8m à ∞ (infini). Il devient alors pratiquement inutile de régler la netteté car un portrait à moins d’un mètre comme un paysage au loin seront aussi nets.

Mais pour la meilleure netteté possible, rien ne remplace la mise au point faite directement sur le sujet !
La profondeur de champ se répartit pour 1/3 à l’avant du sujet et 2/3 à l’arrière : le premier plan sera plus flou que l’arrière-plan (sauf en macrophotographie où elle est à peu près égale à l’avant et à l’arrière). Ainsi, si l’on veut que le premier plan et le sujet principal soient nets, on aura intérêt à faire la mise au point entre les deux plans plutôt que sur le sujet principal.

Dans l’exemple ci-dessous, la mise au point a été faite sur le garçon du mileu, situé à 2,10 m de l’appareil (objectif de 50 mm).

f:2 - p.d.c.= 30 cm f:16 - p.d.c.= 2,40 m

Maîtriser la profondeur de champ

On observe souvent, notamment pour les portraits et la macrophotographie, que la profondeur de champ est plus grande que ne l’aurait souhaité le photographe. Il semble que ce soit dû à deux facteurs : la crainte du flou et la visée à pleine ouverture.

La crainte du flou

Soucieux que sa photo soit nette, le photographe a tendance à choisir une ouverture relativement petite (f/8, par exemple) pour avoir "assez" de profondeur de champ et profiter des meilleures performances optiques de l’objectif. C’est une bonne idée, a priori, à condition que cela n’ait pas pour effet de "noyer" le sujet principal dans les autres composants de l’image ou de faire apparaître des éléments indésirables en arrière-plan ou au premier plan.

Sur les exemples ci-dessus, si l’on veut que le garçon en deuxième position soit le sujet principal de l’image, on voit bien qu’il faut opter pour une profondeur de champ minimale, donc une grande ouverture, afin qu’il se détache bien.
Pour un paysage, à l’inverse du portrait, on recherche une grande profondeur de champs, pour que tout soit net.

  • il faut donc une petite ouverture, qui laisse passer peu de lumière…
  • on en déduit qu’il faut, soit une vitesse faible, soit un film sensible, pour qu’assez de lumière puisse arriver. (voir rubrique suivante SENSIBILITE)

Quand la profondeur de champs est grande, tous les sujets prennent de l’importance Avec une profondeur de champs plus faible, seul le sujet principal retient l’attention

La visée à pleine ouverture

Sur les appareils reflex modernes, la visée se fait toujours à pleine ouverture, le diaphragme se réglant automatiquement à l’ouverture sélectionnée juste au moment de la prise de vue. Le revers de la médaille de ce confort de visée est que le photographe ne voit pas à quoi ressemblera l’image finale en ce qui concerne la profondeur de champ. Il a même l’impression que son sujet est parfaitement mis en valeur puisque tous les éléments situés devant et derrière sont flous - en effet, l’image qu’il observe dans le viseur a la profondeur de champ la plus faible puisque le diaphragme est à l’ouverture maximale. D’où les nombreuses déceptions à l’examen des images et les "mais ce n’est pas ce que je voyais dans le viseur" que l’on entend souvent

Certains appareils, malheureusement pas tous, disposent d’un testeur de profondeur de champ. Il s’agit soit d’un bouton, soit d’une fonction accessible par menu; un petit coup d’œil dans le mode d’emploi vous renseignera. Cette fonction peut être importante et tout photographe amateur soucieux de photographie un tant soit peu créative, ou simplement maîtrisée, devrait s’assurer que l’appareil de ses rêves dispose bien d’un testeur. Ce système ferme le diaphragme à l’ouverture qui sera celle de la prise de vue, ce qui permet de contrôler visuellement ce que sera la zone de netteté.

Ne vous alarmez pas si l’image s’assombrit, éventuellement fortement; c’est normal puisque l’ouverture est alors celle de prise de vue. Même si l’image devient très sombre, on arrive néanmoins à voir si des éléments "gênants" deviennent trop nets. Naturellement, vous ne devez pas rectifier les réglages d’exposition ni déclencher pendant la phase de test de la profondeur de champ.

Si votre appareil ne dispose pas de testeur de profondeur de champ, vous devriez utiliser l’échelle de profondeur de champ gravée sur l’objectif. Bien qu’elle ne soit pas d’une très grande précision, elle est d’une grande utilité. Malheureusement encore, cette échelle est absente de la plupart des zooms et de beaucoup d’objectifs. On peut toujours recourir aux tables imprimées de profondeur de champ, normalement fournies avec l’objectif, mais reconnaissons que ce n’est pas ce qu’il y a de plus pratique…

Vitesse et flou bougé

La vitesse permet de figer le mouvement. Elle fige à la fois le mouvement du sujet devant l’appareil, mais aussi le mouvement que fait le photographe en prenant la photo !

Quand le sujet est flou, mais le fond est net : le sujet bougeait !  Quand tout est flou : le photgraphe bougeait  Avec une grande vitesse : tout est net !

Pour figer les mouvements du photographe, retenir la règle empirique :
il faut utiliser une vitesse au moins égale à 1/focale de l’objectif utilisé

Par exemple : avec un objectif de 50mm, utiliser au moins le 1/50 (1/60 ou 1/125 sont corrects, alors que 1/30 ou 1/15 augmente le risque de flou)

Pour figer les mouvements du sujet, tout dépend de la vitesse à laquelle se déplace le sujet, et la distance à laquelle il se trouve ! Plus il va vite, et plus il est proche, plus c’est difficile. Dans ce cas, on peut utiliser la technique du filé, c’est à dire suivre le sujet en mouvement lors du déclenchement.

Ce qui manque toujours : la lumière !

  • pour avoir suffisamment de profondeur de champs, il faut une petite ouverture… donc, pour une luminosité donnée, il faut diminuer la vitesse !
  • pour figer les mouvements du photographe et du sujet, il faut une vitesse suffisamment grande… donc, pour une luminosité donnée, il faut agrandir l’ouverture !

La solution serait de prendre des films ou des capteurs toujours plus sensibles… Il leur suffirait de peu de lumière pour faire une photo…
Hélas, plus les films sont sensibles, moins leur définition est bonne (ils voient moins bien les détails et des point rouges apparaissent), et plus les capteurs sont sensibles, plus il y a de "bruits" dans les images (des pixels de toutes les couleurs, incontrôlés, qui apparaissent dans les ombres)
Cette incompatibilité résume le plus grand dilemne du photographe ! Il n’y a jamais assez de lumière pour pouvoir tout faire ! Il faut faire des choix et des compromis !

Autre alternative, l’ajout d’une source de lumière supplémentaire.
Le flash est une source de lumière artificielle et ciblée sur le sujet visé, que beaucoup d’appareils photo intégrent et utilisent automatiquement lorsque cela est nécessaire pour éviter le flou. Une solution pratique mais plus complexe à utiliser qu’il n’ y parait :

  • la couverture du flash est souvent limitée à quelques mètres : trop prêt, le sujet est "grillé" par la lumière, trop loin, le flash ne porte plus. A éviter pour des paysages bien sûr, mais aussi pour des photos de groupe prises de loin.
  • le premier plan sera correctement exposé, mais l’arrière plan sera sombre
  • attention aux yeux rouges (des flashs permettent des prééclairs pour les éviter, mais finir la discrétion !)
  • la colorimétrie change (surtout en numérique) par rapport à la source de lumière naturelle
  • finit les portraits discrets, ou les "instantanés" naturels…

Sensibilité ISO ASA

En photographie, la sensibilité ISO (équivalent à ASA) est l’échelle de mesure de la sensibilité des surfaces sensibles (pellicule en photographie argentique, capteur en photographie numérique).

Un film de haute sensibilité est dit rapide alors qu’un film de basse sensibilité est dit lent (cette analogie est aussi souvent utilisée avec les objectifs, en fonction de leur ouverture maximale).

Plus la valeur de la sensibilité est élevée, plus la pellicule (ou le capteur) est sensible à la lumière, et donc plus la quantité de lumière nécessaire à une exposition correcte est faible. Si l’on peut être tenté de prendre systématiquement une pellicule de forte sensibilité (de type ISO 400 par exemple), il faut savoir que cela a une influence sur l’image finale.
Par exemple, un film rapide montre un grain plus prononcé et une définition plus faible qu’un film lent. Ceci n’est pas forcément un problème et peut plaire à de nombreux photographes, mais cette altération visuelle est bien évidemment à prendre en compte selon le type d’image que l’on veut obtenir.

Valeurs ISO / Types d’objectif / Utilisation
25 ISO, 50 ISO, 64 ISO 200 ISO 800 ISO
Tous objectifs si trépied
Grand soleil, studio très éclairé
Ouverture moyenne
(au plus 4 ou 4,5)
Soleil, flash intérieur
Ouverture faible
(au moins 4,5 ou 5,6)
Peu de soleil, intérieur lumineux sans flash
100 ISO 400 ISO 1600 ISO, 3200 ISO
Bonne ouverture
(au moins 2,8 ou 3,5)
Soleil, flash dans une petite pièce
Ouverture moyenne
(au plus 4 ou 4,5)
Nuageux, flash dans une pièce très sombre
Scènes très sombres avec du mouvement
Concerts, spectacles, nocturnes

 

   

 

http://www.technicphoto.com/
http://pierphoto.free.fr/francais/vitouv.htm
http://gdesroches.free.fr/formation/fprofchamp.htm
http://35mm-compact.com/photographie/profondeur-de-champ.htm

http://www.hellotipi.com/blog/conseils-debutants-photos-iso/