Flou et profondeur de champ
La profondeur de champ (PDC)
La profondeur de champs est l’un de ces mots "magiques" qui font trembler le débutant et se gargariser le photographe chevronné.
Dans les deux cas, on se demande bien pourquoi car c’est une notion plutôt simple si l’on s’en tient aux aspects pratiques.
La profondeur de champ est la zone de netteté devant et derrière le sujet sur lequel est faite la mise au point. Elle dépend de l’ouverture du diaphragme.
La profondeur de champ est la zone de netteté entre le premier plan et l’arrière-plan. Elle désigne la zone de netteté autour de la distance de mise au point, et n’est pas répartie identiquement en avant et en arrière de cette valeur. Elle est fonction de trois paramètres:
- l’ouverture du diaphragme
- la longueur focale de l’objectif
- la distance de mise au point
Plus le diaphragme est fermé (exemple f22), plus la profondeur de champ est importante. A l’inverse, plus le diaphragme est ouvert (exemple f2.8), plus la profondeur de champ est réduite et dans ce cas la mise au point doit être particulièrement soignée.
A diaphragme égal, un objectif grand angle a une profondeur de champ plus importante qu’un objectif de plus longue focale.
• Plus la focale est longue (100, 200 mm), plus la profondeur de champ est faible
• Plus le sujet est proche, plus la profondeur de champ est faible
Enfin, plus le sujet est éloigné, plus la profondeur de champ est importante. A l’inverse, pour une prise de vue rapprochée, la profondeur de champ est réduite voire insuffisante.
L’échelle de profondeur de champ
Les valeurs du diaphragme sont reportées à gauche et à droite d’un repère (de couleur orange dans l’image ci-contre) d’une façon similaire. Les grandes ouvertures sont les plus proches du repère et les plus petites, plus éloignées. Pour une distance affichée en regard du repère, l’on peut lire en regard de deux mêmes marquages de diaphragme de part et d’autre du repère, les distances entre lesquelles la zone de netteté se situe.
Dans l’image ci-contre, la profondeur de champ pour un diaphragme fermé à f/8 et une mise au point sur 1,5m est comprise entre un peu plus de 1m et 3m.
Utilisation de la profondeur de champ
La prise de vue rapide est facilitée par une grande profondeur de champ obtenue sur des focales courtes associées à de faibles ouvertures. Le diaphragme et la distance doivent être pré-sélectionnés aux conditions de netteté que l’on désire obtenir entre des distances prédéterminées. Il est judicieux de déterminer d’abord les distances et de choisir le diaphragme qui correspond. Rien n’empêche de choisir un diaphragme plus petit qui augmente encore la zone de netteté. C’est un aspect pratique de l’utilisation de la profondeur de champ pour se passer d’effectuer la mise au point sur des sujets qui se trouvent dans la zone de netteté.
Cette utilisation est simplifiée sur les appareils possédant un système d’exposition avec priorité à l’ouverture.
Il est également possible de caler sa netteté sur l’hyperfocale, c’est à dire sur l’infini. Dans l’exemple ci dessus, l’objectif a une netteté positionnée à 1,5m et si il est ouvert à f16, sa zone effective de netteté s’étendra de 0,8m à ∞ (infini). Il devient alors pratiquement inutile de régler la netteté car un portrait à moins d’un mètre comme un paysage au loin seront aussi nets.
Mais pour la meilleure netteté possible, rien ne remplace la mise au point faite directement sur le sujet !
La profondeur de champ se répartit pour 1/3 à l’avant du sujet et 2/3 à l’arrière : le premier plan sera plus flou que l’arrière-plan (sauf en macrophotographie où elle est à peu près égale à l’avant et à l’arrière). Ainsi, si l’on veut que le premier plan et le sujet principal soient nets, on aura intérêt à faire la mise au point entre les deux plans plutôt que sur le sujet principal.
Dans l’exemple ci-dessous, la mise au point a été faite sur le garçon du mileu, situé à 2,10 m de l’appareil (objectif de 50 mm).
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| f:2 - p.d.c.= 30 cm | f:16 - p.d.c.= 2,40 m |
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Maîtriser la profondeur de champ
On observe souvent, notamment pour les portraits et la macrophotographie, que la profondeur de champ est plus grande que ne l’aurait souhaité le photographe. Il semble que ce soit dû à deux facteurs : la crainte du flou et la visée à pleine ouverture.
La crainte du flou
Soucieux que sa photo soit nette, le photographe a tendance à choisir une ouverture relativement petite (f/8, par exemple) pour avoir "assez" de profondeur de champ et profiter des meilleures performances optiques de l’objectif. C’est une bonne idée, a priori, à condition que cela n’ait pas pour effet de "noyer" le sujet principal dans les autres composants de l’image ou de faire apparaître des éléments indésirables en arrière-plan ou au premier plan.
Sur les exemples ci-dessus, si l’on veut que le garçon en deuxième position soit le sujet principal de l’image, on voit bien qu’il faut opter pour une profondeur de champ minimale, donc une grande ouverture, afin qu’il se détache bien.
Pour un paysage, à l’inverse du portrait, on recherche une grande profondeur de champs, pour que tout soit net.
- il faut donc une petite ouverture, qui laisse passer peu de lumière…
- on en déduit qu’il faut, soit une vitesse faible, soit un film sensible, pour qu’assez de lumière puisse arriver. (voir rubrique suivante SENSIBILITE)
Quand la profondeur de champs est grande, tous les sujets prennent de l’importance Avec une profondeur de champs plus faible, seul le sujet principal retient l’attention
La visée à pleine ouverture
Sur les appareils reflex modernes, la visée se fait toujours à pleine ouverture, le diaphragme se réglant automatiquement à l’ouverture sélectionnée juste au moment de la prise de vue. Le revers de la médaille de ce confort de visée est que le photographe ne voit pas à quoi ressemblera l’image finale en ce qui concerne la profondeur de champ. Il a même l’impression que son sujet est parfaitement mis en valeur puisque tous les éléments situés devant et derrière sont flous - en effet, l’image qu’il observe dans le viseur a la profondeur de champ la plus faible puisque le diaphragme est à l’ouverture maximale. D’où les nombreuses déceptions à l’examen des images et les "mais ce n’est pas ce que je voyais dans le viseur" que l’on entend souvent
Certains appareils, malheureusement pas tous, disposent d’un testeur de profondeur de champ. Il s’agit soit d’un bouton, soit d’une fonction accessible par menu; un petit coup d’œil dans le mode d’emploi vous renseignera. Cette fonction peut être importante et tout photographe amateur soucieux de photographie un tant soit peu créative, ou simplement maîtrisée, devrait s’assurer que l’appareil de ses rêves dispose bien d’un testeur. Ce système ferme le diaphragme à l’ouverture qui sera celle de la prise de vue, ce qui permet de contrôler visuellement ce que sera la zone de netteté.
Ne vous alarmez pas si l’image s’assombrit, éventuellement fortement; c’est normal puisque l’ouverture est alors celle de prise de vue. Même si l’image devient très sombre, on arrive néanmoins à voir si des éléments "gênants" deviennent trop nets. Naturellement, vous ne devez pas rectifier les réglages d’exposition ni déclencher pendant la phase de test de la profondeur de champ.
Si votre appareil ne dispose pas de testeur de profondeur de champ, vous devriez utiliser l’échelle de profondeur de champ gravée sur l’objectif. Bien qu’elle ne soit pas d’une très grande précision, elle est d’une grande utilité. Malheureusement encore, cette échelle est absente de la plupart des zooms et de beaucoup d’objectifs. On peut toujours recourir aux tables imprimées de profondeur de champ, normalement fournies avec l’objectif, mais reconnaissons que ce n’est pas ce qu’il y a de plus pratique…
Vitesse et flou bougé
La vitesse permet de figer le mouvement. Elle fige à la fois le mouvement du sujet devant l’appareil, mais aussi le mouvement que fait le photographe en prenant la photo !
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| Quand le sujet est flou, mais le fond est net : le sujet bougeait ! | Quand tout est flou : le photgraphe bougeait | Avec une grande vitesse : tout est net ! |
Pour figer les mouvements du photographe, retenir la règle empirique :
il faut utiliser une vitesse au moins égale à 1/focale de l’objectif utilisé
Par exemple : avec un objectif de 50mm, utiliser au moins le 1/50 (1/60 ou 1/125 sont corrects, alors que 1/30 ou 1/15 augmente le risque de flou)
Pour figer les mouvements du sujet, tout dépend de la vitesse à laquelle se déplace le sujet, et la distance à laquelle il se trouve ! Plus il va vite, et plus il est proche, plus c’est difficile. Dans ce cas, on peut utiliser la technique du filé, c’est à dire suivre le sujet en mouvement lors du déclenchement.
Ce qui manque toujours : la lumière !
- pour avoir suffisamment de profondeur de champs, il faut une petite ouverture… donc, pour une luminosité donnée, il faut diminuer la vitesse !
- pour figer les mouvements du photographe et du sujet, il faut une vitesse suffisamment grande… donc, pour une luminosité donnée, il faut agrandir l’ouverture !
La solution serait de prendre des films ou des capteurs toujours plus sensibles… Il leur suffirait de peu de lumière pour faire une photo…
Hélas, plus les films sont sensibles, moins leur définition est bonne (ils voient moins bien les détails et des point rouges apparaissent), et plus les capteurs sont sensibles, plus il y a de "bruits" dans les images (des pixels de toutes les couleurs, incontrôlés, qui apparaissent dans les ombres)
Cette incompatibilité résume le plus grand dilemne du photographe ! Il n’y a jamais assez de lumière pour pouvoir tout faire ! Il faut faire des choix et des compromis !
Autre alternative, l’ajout d’une source de lumière supplémentaire.
Le flash est une source de lumière artificielle et ciblée sur le sujet visé, que beaucoup d’appareils photo intégrent et utilisent automatiquement lorsque cela est nécessaire pour éviter le flou. Une solution pratique mais plus complexe à utiliser qu’il n’ y parait :
- la couverture du flash est souvent limitée à quelques mètres : trop prêt, le sujet est "grillé" par la lumière, trop loin, le flash ne porte plus. A éviter pour des paysages bien sûr, mais aussi pour des photos de groupe prises de loin.
- le premier plan sera correctement exposé, mais l’arrière plan sera sombre
- attention aux yeux rouges (des flashs permettent des prééclairs pour les éviter, mais finir la discrétion !)
- la colorimétrie change (surtout en numérique) par rapport à la source de lumière naturelle
- finit les portraits discrets, ou les "instantanés" naturels…
Sensibilité ISO ASA
En photographie, la sensibilité ISO (équivalent à ASA) est l’échelle de mesure de la sensibilité des surfaces sensibles (pellicule en photographie argentique, capteur en photographie numérique).
Un film de haute sensibilité est dit rapide alors qu’un film de basse sensibilité est dit lent (cette analogie est aussi souvent utilisée avec les objectifs, en fonction de leur ouverture maximale).
Plus la valeur de la sensibilité est élevée, plus la pellicule (ou le capteur) est sensible à la lumière, et donc plus la quantité de lumière nécessaire à une exposition correcte est faible. Si l’on peut être tenté de prendre systématiquement une pellicule de forte sensibilité (de type ISO 400 par exemple), il faut savoir que cela a une influence sur l’image finale.
Par exemple, un film rapide montre un grain plus prononcé et une définition plus faible qu’un film lent. Ceci n’est pas forcément un problème et peut plaire à de nombreux photographes, mais cette altération visuelle est bien évidemment à prendre en compte selon le type d’image que l’on veut obtenir.
Valeurs ISO / Types d’objectif / Utilisation
| 25 ISO, 50 ISO, 64 ISO | 200 ISO | 800 ISO |
| Tous objectifs si trépied Grand soleil, studio très éclairé |
Ouverture moyenne (au plus 4 ou 4,5) Soleil, flash intérieur |
Ouverture faible (au moins 4,5 ou 5,6) Peu de soleil, intérieur lumineux sans flash |
| 100 ISO | 400 ISO | 1600 ISO, 3200 ISO |
| Bonne ouverture (au moins 2,8 ou 3,5) Soleil, flash dans une petite pièce |
Ouverture moyenne (au plus 4 ou 4,5) Nuageux, flash dans une pièce très sombre |
Scènes très sombres avec du mouvement Concerts, spectacles, nocturnes |

http://www.technicphoto.com/
http://pierphoto.free.fr/francais/vitouv.htm
http://gdesroches.free.fr/formation/fprofchamp.htm
http://35mm-compact.com/photographie/profondeur-de-champ.htm
http://www.hellotipi.com/blog/conseils-debutants-photos-iso/






